lundi 22 janvier 2007

II- L'attaque du système immunitaire


L'infection par le virus

Dès qu'il est entré dans le lymphocyte T4, le virus se multiplie avec une grande rapidité et se diffuse dans tout l'organisme. En réaction à sa présence, le système immunitaire (notamment les lymphocytes B) va commencer à produire des anticorps anti-VIH spécifiques, qui pourront être mis en évidence par les tests ELISA et Western blot à la fin d'une période dite de séroconversion( voir partie III). Normalement cette période, pendant laquelle une personne est porteuse du virus sans que cela soit décelable par des tests est de trois mois. Aujourd'hui, avec des tests dits de 3e et 4e génération, de plus en plus sensibles et fiables, ce délai est en constante diminution. C'est à partir du moment où ces anticorps anti-VIH peuvent être détectés que l'on parle de séropositivité pour le VIH.

La présence des anticorps prouvent que le sujet se défend contre l'infection mais, et c'est là tout le problème, son système immunitaire est incapable de détruire ces virus car le VIH modifie constamment sa structure. Dans les semaines qui suivent l'infection, les sujets réagissent très différemment : soit ils ne ressentent aucun symptôme, soit ils vont présenter un ensemble de troubles passagers connus sous le nom de primo-infection (voir ci-dessous).

Par la suite, pendant 7 à 11 ans en moyenne, le VIH continue à se multiplier et les manifestations cliniques du SIDA apparaissent chez la majorité des malades, à des degrés pouvant encore être très variables : d'après certaines études, 60% développent des troubles majeurs, 20% des troubles mineurs et 20% ne développent aucun trouble. Certains malades, dits LTS (Long Term Survivors ou survivants à long terme) n'ont toujours pas développé de symptômes après plus de 15 ans.

Chez les enfants, on connaît une forme très sévère et de très mauvais pronostic qui se déclare avant l'âge de 6 mois et qui se traduit par des signes neurologiques graves et une dépression rapide du système immunitaire. Il existe aussi une forme moins grave, d'évolution "classique", mais dans tous les cas, le SIDA peut être considéré comme plus grave chez les enfants que chez les adultes.

Le Sida est caractérisé par trois phases:
La primo-infection peut ressembler à une maladie virale bénigne. Elle survient chez 20 à 50 % des personnes infectées, quel que soit le mode de contamination, dans les 15 jours à 3 mois qui suivent celle-ci. Cette primo- infection ressemble à la mononucléose infectieuse. Elle passe parfois inaperçue.
La période d'incubation après le contact infestant est de 3 à 6 semaines. Parfois, des symptômes sont retrouvés: fièvre prolongée, douleurs musculaires et articulaires, courbatures, ganglions disséminés cervicaux et axillaires, éruptions cutanées fugaces évoquant la rougeole ou une urticaire, douleurs abdominales, diarrhées, dysphagie (difficultés pour avaler) douloureuse, méningites lymphocytaires...Des candidoses ou des ulcérations buccales sont possibles. Ces symptômes vont disparaître en 1 à 4 semaines.
Les anticorps (séroconversion) n'apparaissent qu'après 6-8 semaines. À ce stade, il faut faire une recherche de l'antigène P24, qui disparaîtra lors de la séroconversion.




La phase asymptomatique de durée variable suivant les individus pouvant aller jusqu'à 12 ans. Cette période due en moyenne 7 à 10 ans en l'absence de traitement. Le virus continue à se multiplier mais à un niveau inférieur à celui de la primo-infection grâce aux réponses immunitaires et humorales développées. Le virus va s'adapter à cette pression immunitaire par l'apparition de nouveaux variants induisant à leur tour de nouvelles réponses immunitaires spécifiques. Â terme les réponses immunitaires cellulaires et humorales sont dépassées ne permettant plus ainsi le contrôle de la réplication virale. Le taux de lymphocytes T-CD4+ chute et coïncide avec l'apparition des symptômes.


Le stade SIDA se caractérise par la survenue d'infections opportunistes (pneumocytose, toxoplasmose,..) ou de proliférations cellulaires (maladie de Kaposi, lymphomes B, cancer du col utérin...). D'un point de vue biologique, la charge virale est très élevée et un taux de lymphocytes T-CD4+ inférieur à 200/mm3, signe de la profonde immunodépression.


I– Le Sida, une maladie du système immunitaire



Le VIH, un rétrovirus

  • Définition d'un virus :

Un virus, est un micro-organisme constitué essentiellement d’un acide nucléique entouré d’une coque protéique, souvent agent de maladies, bénignes ou graves.
La principale caractéristique d’un virus est liée à son incapacité à se reproduire seul : obligé d’infecter des cellules, il utilise le matériel de transcription et de traduction de la cellule hôte pour ses propres besoins. Il doit en effet synthétiser des protéines dont le code est contenu dans son propre matériel génétique.
Ces protéines jouent un rôle dans la construction des nouveaux virus auxquels il donnera naissance ou permettent la réplication de l’acide nucléique viral.
Les virus sont donc des parasites intracellulaires obligatoires. Les virus sont composés soit d’acide ribonucléique (ARN), soit d’acide désoxyribonucléique (ADN) , jamais les deux simultanément , d’une coque protectrice appelée capside, constituée de protéines seules ou combinées à des glucides, et parfois entourés d’une membrane plasmique provenant d’une cellule hôte dont le virus est sorti.


  • Définition cellule hôte: une cellule hôte est une cellule hébergeant un matériel génétique étranger apporté par un virus, un plasmide, un ADN recombiné in vitro, ou une cellule entière.

  • Définition d'un rétrovirus : c'est un virus dont l'information génétique est présente sous forme d'une molécule d'ARN.

    Il faut préciser qu'il existe deux grands groupes de VIH :

  • le VIH 1 qui est présent dans le monde entier ;
  • le VIH 2 qui est principalement localisé en Afrique de l'Ouest.


Chacun de ces groupes comprend un nombre important de sous-groupes et on découvre sans cesse de nouveaux variants du fait des erreurs qui se produisent au cours de la rétrotranscription de l'ARN viral (voir plus loin). Le VIH a de ce fait une importante capacité à produire de nouveaux mutants et les mises au point de nouveaux médicaments et surtout d'un vaccin s'en trouvent particulièrement compliquées. Le VIH a été isolé en 1983 par l'équipe du professeur Luc Montagnier à l’ Institut Pasteur. C'est un rétrovirus d'environ 120nm de diamètre, relativement fragile, détruit par la chaleur à 60°C et par les antiseptiques (alcool, eau de Javel...). Parasite obligatoire, il ne peut survivre plus de 5 à 6 heures hors d’une cellule.

vidéo conférence: présentation de Luc Montagnier
http://www.canalu.fr/canalu/chainev2/utls/cycle_id//programme/68/sequence_id//format_id/3003/


Pour mieux comprendre la structure du VIH, nous vous invitons à cliquer sur le lien ci-dessous
La structure du VIH-1: http://www.snv.jussieu.fr/vie/dossiers/SIDA/2struct.htm#


Les cellules cibles et le cycle rétroviral

Les cellules cibles possèdent des protéines membranaires spécifiques qui peuvent se fixer sur le récepteur CD4, présent sur la membrane plasmique de certaines cellules. Cette interaction représente une étape essentielle pour la fixation puis la pénétration du VIH dans les cellules du système immunitaire (cf ci-dessous) : lymphocytes T4, monocytes et macrophages.


étapes :

  • fixation du virus à la cellule cible;
  • fusion de l'enveloppe virale avec la membrane plasmique cellulaire; le contenu viral entre alors dans la cellule;
  • transcription de l'ARN viral en molécule d'ADN grâce une enzyme virale: c'est la transcriptase inverse;
  • insertion de cette molécule dans le génome de la cellule infectée: l'ADN proviral est transcrit en plusieurs ARNm qui passent dans le cytoplasme; il est également transcrit en ARN génomique viral;


  • Les molécules d'ARNm sont traduits en protéines par les ribosomes de la cellule;

  • assemblage de nouveaux virus, grâce aux protéines virales, qui bourgeonnent à la surface de la membrane plasmique;
  • ils se répandent dans l'organisme.


Les mots en bleu et en italiques sont des mots définis dans le lexique.



Le Sida en France


En 2005, environ 150 000 personnes vivaient avec VIH en France, et 6700 nouvelles contaminations ont été recensées; près de 40 000 personnes seraient porteuses du virus sans le savoir.
Plus de la moitié des nouveaux diagnostics d’infection VIH concerne des personnes contaminées par rapports hétérosexuels (27 % par rapport homosexuels), et les femmes représentent 38 % des nouvelles infections à VIH diagnostiquées.
D'après le Sidaction, 12% des nouvelles contaminations concernent les jeunes de 15 à 24 ans en 2005.

L'épidémie dans le monde



"Les taux d'infection ont diminué dans certains pays en 2005, mais la tendance globale reflète toujours une augmentation de la transmission."
Source : rapport ONUSIDA/OMS, 21 novembre 2006

Nombre de personnes vivant avec le VIH/SIDA dans le monde :
39,5 millions (34,1-47,1 millions)
(37,2 millions d'adultes dont 17,7 millions de femmes et 2,3 millions d'enfants de moins de 15 ans)
dont :

- 24,7 millions en Afrique subsaharienne (2,1 millions de décès en 2006)
- 7,8 millions en Asie du Sud et du Sud-Est (590 000 décès en 2006)
- 1,7 million en Amérique Latine (65 000 décès en 2006)
- 1,7 million en Europe orientale et Asie centrale (84 000 décès en 2006)
- 1,4 million en Amérique du Nord (18 000 décès en 2006)
- 750 000 en Asie de l'Est ( 43 000 décès en 2006)
- 740 000 en Europe occidentale et centrale (12 000 décès en 2006)
- 460 000 en Afrique du Nord et Moyen-Orient (36 000 décès en 2006)
- 250 000 dans les Caraïbes (19 000 décès en 2006)
- 81 000 en Océanie (4000 décès en 2006)

Nombre de nouveaux cas d'infection à VIH en 2006 :
4,3 millions (3,6-6,6 millions)

(dont 3,8 millions d'adultes et 530 000 enfants de moins de 15 ans)
dont :
- 2,8 millions en Afrique subsaharienne
- 860 000 en Asie du Sud et du Sud-Est
- 270 000 en Europe orientale et Asie centrale
- 140 000 en Amérique latine- 100 000 en Asie de l'Est
- 68 000 en Afrique du Nord et Moyen-Orient
- 43 000 en Amérique du Nord- 27 000 dans les Caraïbes
- 22 000 en Europe occidentale et centrale
- 7 100 en Océanie
Nombre de décès dus au SIDA en 2006 :
2,9 millions (2,5-3,5 millions)(dont 2,6 millions d'adultes et 380 000 enfants de moins de 15 ans)
dont :

-2,1 millions en Afrique subsaharienne
- 590 000 en Asie du Sud et du Sud-Est
- 65 000 en Amérique latine
- 84 000 en Europe orientale et Asie centrale
- 36 000 en Afrique du Nord et Moyen-Orient
- 43 000 en Asie de l'Est- 19 000 dans les Caraïbes
- 18 000 en Amérique du Nord- 12 000 en Europe occidentale et centrale
- 4 000 en Océanie

Introduction

VIH/SIDA
Virus d'immunodéficience humaine/
Syndrome d'immunodéficience acquis


Le VIH (Virus de l'immunodéficience humaine) est responsable de la maladie du SIDA (Syndrome d’Immuno Déficience Acquise).


Le sida, syndrome d'immunodéficience est une maladie mortelle qui se caractérise par une destruction progressive de l'ensemble du système immunitaire, et en particulier des monocytes, macrophages et lymphocytes T4. L'étude des grands traits de cette pathologie permet de découvrir quelques éléments de la biologie des virus, et de décrire les caractéristiques essentielles du système immunitaire.


Selon les dernières estimations disponibles (par le rapport de décembre 2001 de l'OnuSida), le nombre de personnes contaminées par le virus du SIDA atteindrait les 40 millions dans le monde. L'Afrique représente la plus grande part, avec 28,1 millions d'individus pour la seule Afrique subsaharienne.