mardi 23 janvier 2007

III-Prévention et tests de dépistage

Rappels importants


Le VIH du SIDA peut être transmis par:


* les relations sexuelles, y compris les contacts bouche - organes génitaux
* l'insémination artificielle
* la toxicomanie par voie intraveineuse
* les transfusions sanguines
* toutes les transplantations d'organes (y compris de moelle osseuse)
* la grossesse et l'accouchement (transmission materno-fœtale)
* l'allaitement


Le VIH du SIDA ne peut pas être transmis par:


* le partage d'assiettes de verres et de couverts
* l'alimentation, quelle que soit sa forme
* les postillons (aérosols) et les crachats
* les contacts cutanés tels les poignées de mains, les baisers et les caresses
* le contact avec des animaux domestiques
* les piqûres d'insectes, y compris de moustique
* les piscines, douches et toilettes






La seule protection actuellement efficace contre la transmission du VIH est l'utilisation du préservatif



Que faire si l'on a eu un comportement à risque ?


Après un rapport à risque non protégé ou pendant lequel le préservatif aurait cédé, après un viol ou un échange de seringue, après contact avec du sang souillé ou présumé souillé par le VIH, il faut se rendre le plus rapidement possible dans un service d'urgences pour y recevoir un traitement préventif : c'est le TPE ou traitement post-exposition.



Pour une bonne efficacité de ce traitement, le délai maximum est de 48 heures, mais l'idéal est de prendre le traitement dans les 4 premières heures qui ont suivi l’exposition au virus. Le service des urgences ne peut refuser ce traitement qui devra impérativement être suivi pendant un mois, comme le recommande la prescription médicale.



Il faut cependant savoir que c'est un traitement lourd, qui peut avoir des effets secondaires gênants et une discussion préalable avec le médecin permettra d'évaluer le risque encouru et l'opportunité de faire ou non ce traitement (qui est gratuit).



Le TPE doit être pris pendant 4 semaines en respectant scrupuleusement les horaires et les posologies. Il s'agit généralement d'une bithérapie ou d'une trithérapie qui associe plusieurs antirétroviraux.



Si ce traitement commence au mieux dans les 4 heures au plus les 48 heures sans les dépasser, il a toutes les chances d'être efficace : c'est-à-dire de diminuer le risque d'être contaminé sans pouvoir l'amener à zéro. Plus on s'éloigne de moment de la prise de risque, moins ce traitement a des chances d'être utile. Il est sans utilité au-delà de 48 heures.




Les principaux tests de laboratoire


L'infection par le VIH entraîne, après un certain délai, une réponse du système immunitaire qui fait apparaître des anticorps dirigés contre les protéines du virus. La présence d'anticorps anti-VIH est la preuve que le patient est infecté ; dans ce cas, il est déclaré séropositif (à ne pas confondre avec zéro positif - voir ci-dessous).



Séropositif


Concernant le SIDA, un individu est séropositif s'il a dans son sang des anticorps dirigés contre des protéines du VIH, donc il est infecté.
ATTENTION : séropositif ne veut pas obligatoirement dire atteint du SIDA car on peut être séropositif pour une autre maladie.





Zéro positif


Concerne
* le groupe sanguin (les gens sont du groupe A, B, AB, ou O) - on remplace souvent la lettre O par le chiffre 0,
* le facteur rhésus : on est positif si on l'a, négatif si on ne la pas.



Les tests ne peuvent pas se faire immédiatement après une contamination supposée, car il faut un certain temps pour que les anticorps apparaissent dans le sang. C'est la fenêtre sérologique pendant laquelle le sujet est quand même infectieux, mais ses anticorps ne sont pas présents en quantité suffisante pour être détectés. Actuellement, ce délai est d'environ 22 jours, et diminue en même temps que les tests deviennent plus sensibles.


Le test ELISA


Principe : Abréviation de Enzyme Linked ImmunoSorbent Assay. Test sérologique utilisé pour le dosage d'AC (anticorps) de virus ou de bactéries. Cette technique de dosage immunoenzymatique permet la recherche des AC de nombreuses maladies : SIDA, peste, Staphylococcus aureus (doré), rougeole, ESB (encéphalopathie spongiforme bovine), maladie de Lyme, hépatites etc.



Le sérum est mis en contact avec un support où sont présents des AG (antigènes) spécifiques. Il se forme alors des complexes AG-AC. On fait ensuite agir une immunoglobuline associée à une enzyme permettant la mise en évidence.



En français, le test ELISA peut se traduire par : test d'immunoabsorption enzymatique.







Les antigènes viraux fixés (dans le tube de droite - on utilise aussi des cupules) sont des protéines de l'enveloppe ou de la capside du VIH. On ajoute ensuite le sérum à tester, provenant du patient (étape 1 du schéma). Si le sérum contient des anticorps (en rouge sur le schéma), ils vont se fixer sur les antigènes du support (étape 2).


Il faut ensuite visualiser cette réaction. Pour cela, on ajoute un antigène viral marqué par une enzyme qui va permettre de faire une réaction colorimétrique. Dans la pratique, plusieurs tests sont pratiqués simultanément, avec témoins (colonne de gauche), et avec des anticorps du VIH-1 et du VIH-2. La présence d'anticorps anti-VIH doit impérativement être confirmée sur un second prélèvement par un test de confirmation : le Western blot. Sur ce second prélèvement, 2 tests ELISA doivent être à nouveau réalisés.




Le Western blot


Principe : Le Western blot est un test de laboratoire qui permet de rechercher dans le sérum sanguin des protéines antigéniques et en particulier des protéines virales avant que les anticorps ne soient apparus, mais aussi, dans un délai égal ou supérieur à 4 semaines suivant la contamination, des anticorps dirigés contre ces protéines (il faut en effet environ 4 semaines pour que l'on trouve les premières traces d'anticorps dans le sang des malades).

Il sert également de confirmation lorsque le test ELISA est positif, même partiellement. Dans ce cas, ce sont les anticorps anti-VIH produits par le patient qui sont recherchés.


1ère étape : Les protéines (antigènes) présentes dans le sérum du patient sont séparées sur un gel SDS-PAGE (Sodium Dodécylsulfate-PolyAcrylamide Gel Electrophoresis) par électrophorèse, c'est-à-dire que le gel est placé dans un champ électrique.

On procède d'abord à une concentration, puis à une séparation des protéines. Celles-ci étant rendues électronégatives par le SDS se sépareront en fonction de leur masse molaire et non pas en fonction de leur charge électrique, d'autant plus loin de la ligne de départ que leur masse molaire est faible.



2ème étape : C'est le blot, qui va faire passer les protéines antigènes séparées, du SDS-PAGE vers une membrane de nitrocellulose, plus intéressante pour la mise en évidence des protéines virales recherchées.



3ème étape : Des anticorps fabriqués en laboratoire, spécifiques des protéines recherchées, auxquels on a préalablement accroché des enzymes ou des radiomarqueurs, sont déposés sur la membrane de nitrocellulose par arrosage ou immersion.

Ils se fixent sur les protéines dont ils sont spécifiques, puis on procède à un rinçage pour éliminer les anticorps qui ne se sont pas fixés.

On recommence la même opération avec des anticorps marqués (auxquels on a accroché une enzyme facile à mettre en évidence) qui vont se fixer, s'ils existent, aux premiers anticorps.

Puis on les met en évidence par coloration enzymatique ou autoradiographie.

Le test est négatif si on n'observe rien, c'est-à-dire s'il n'y avait aucune protéine du VIH dans le sérum du patient.



* La positivité du Western blot est certaine en cas de réactivité simultanée vis à vis de 2 anticorps anti env (gp160 et gp120) et d'1 anticorps anti gag ou 1 anticorps anti pol. Un second prélèvement est toutefois demandé et contrôlé pour s'assurer qu'il n'y ait pas eu d'erreur de prélèvement ou de contamination du premier échantillon.


* La positivité du Western blot est probable en cas de réactivité vis à vis des anticorps anti-p24 et des anticorps anti-gp160 ou en cas de réactivité vis à vis uniquement d'anticorps anti-env (gp160 et gp120)


* Le Western blot est négatif en l'absence de réactivité vis à vis d'anticorps ou en présence d'un seul anticorps anti-p18.


Chez un nouveau-né de mère infectée


Pour faire le diagnostic chez un nouveau-né, les laboratoires pratiquent l'isolement du VIH en culture.

Si des mères sont séropositives pour le VIH, alors leurs nouveaux-nés le sont aussi, car les anticorps maternels franchissent toujours la barrière placentaire.

Il fallait donc trouver une méthode autre que ELISA et Western blot pour savoir si ces bébés étaient porteurs ou non du VIH. Autre méthode utilisée : le dosage de l'ARN viral plasmatique ou celui de l'ADN proviral cellulaire.

Si le résultat est négatif, le bébé n'est pas infecté par le VIH et les anticorps anti-VIH qu'il a dans son sang et qui proviennent de sa mère vont disparaître progressivement.

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